Un livre 'magique' à découvrir ici.
dimanche 15 novembre 2020
jeudi 18 juin 2020
Savoir… que l’on ne savait pas
Dans mon bureau trône une
reproduction de la carte du monde de Willem Janszoon Blaeu de 1635.
J’aime
particulièrement cette représentation du globe, parce qu’elle est inachevée. Le cartographe s’en est tenu à des
lignes évanescentes, voire même manquantes, là où les territoires étaient
encore vierges d’explorateurs. Il a préféré l’absence à la tentation de compléter
le contour de terres inconnues en puisant dans son imagination. Quelle sagesse
que de représenter de la sorte les limites de ses connaissances ! Et
quelle leçon d’humilité, qui pourrait en inspirer plus d’un aujourd’hui !
Alors que la pandémie de
coronavirus semble derrière nous en Suisse, on assiste à un déferlement d’opinions
en tout genre de gens qui sont persuadés de savoir : savoir ce qu’il
aurait fallu faire, ou ne pas faire, au plus fort de la crise. On est toujours
plus intelligent après coup, rappelle le dicton. Mais justement, être
intelligent, c’est se rappeler que l’on n’avait pas alors l’information dont on
dispose aujourd’hui, que l’on ignorait ce que l’on apprendrait seulement plus
tard. Il se trouve que notre cerveau est un champion du remplissage du vide,
prouesse qui va de pair avec l’oubli. Nos souvenirs, contrairement à la carte
de Blaeu, intègrent les savoirs qui sont apparus plus tard pour redessiner le
passé.
Cette faculté à imaginer des
issues différentes fait sans aucun doute la force de notre espèce. Grâce à
elle, nous pouvons apprendre sans devoir expérimenter tous les scénarios.
Plutôt que de mettre notre vie en jeu, ce sont nos modèles du monde qui
évoluent, les moins adaptés disparaissant au profit des plus adéquats. Un
avantage certain, à condition toutefois de ne pas confondre nos fantaisies avec
la réalité. Les « Si seulement… », « Il aurait fallu… », « On
n’aurait pas dû… » fleurissent alors comme autant de motifs à regretter, à
s’énerver, à s’attrister, c’est-à-dire à brasser des émotions inutiles, puisque
sans lien avec ce qui a effectivement eu lieu. A l’image d’un boursicoteur qui
s’en veut de ne pas avoir acheté au plus bas pour vendre aux prix les plus
favorables : lire les cours d’hier est plus aisé que de prédire ceux de
demain, à n’en pas douter.
Nous sommes souvent – mais
apparemment pas toujours – plus intelligents après coup, alors que nous connaissons
ce que nous ne savions pas alors. Puisse cette intelligence nous prémunir de
juger les décisions d’autrui sur la base d’informations dont il ne disposait
pas à ce moment ! Puisse cette intelligence nous rappeler humblement que
nous n’aurions certainement pas fait mieux que ceux qui avaient la charge de
prendre des décisions cruciales alors !
Et surtout, puisse cette
intelligence nous rappeler que notre carte du monde est toujours incomplète,
que demain nous apprendra des choses que nous ignorons aujourd’hui ! Qu’il
est apaisant de savoir… que l’on ne savait pas. Merci Monsieur Blaeu de nous le
rappeler.
Article paru dans La Liberté du 13 juin 2020.
lundi 25 mai 2020
vendredi 14 février 2020
Le poids des mots et la couleur du rire
Ainsi,
les blondes auraient maille à partir avec l’orthographe si l’on en croit la
Plage de Vie du 31 janvier de La Liberté ! Bien entendu, personne ne prête foi à pareille allégation,
surtout pas son auteur à l’ironie subtile. Il est évident qu’il s’agit d’un
trait d’humour, même si certaines personnes en rient… jaune. En réalité, rien
de permet d’affirmer que la couleur des cheveux exercerait la moindre influence
sur l’intelligence ou l’esprit pratique. Mais ce n’est pas anodin pour
autant : prétendre que la couleur des cheveux, en particulier la blondeur,
impacte l’intelligence produit effectivement des conséquences négatives mesurables.
Des
chercheurs ont mis cet effet en évidence en réunissant une centaine de femmes à
qui ils ont demandé de remplir des questionnaires d’intelligence. Résultat sans
surprise : aucune corrélation n’apparaît entre la couleur des cheveux et
le QI. Dans une deuxième phase, ils reproduisent le protocole avec un autre
groupe de dames, mais en commençant par raconter quelques blagues sur les
bondes pour détendre l’atmosphère. Cette fois-ci, les bondes se révèlent significativement
moins performantes que les autres.
Cet
effet est loin d’être anecdotique. Il a été maintes fois reproduit par la suite :
si l’on active le stéréotype de la blonde nunuche, les femmes à la chevelure
dorée ou ambrée voient leurs performances diminuer. De même qu’il est apparu
que de laisser des petites filles jouer avec une poupée Barbie durant 5 minutes
entraînait une limitation de leurs aspirations professionnelles directement
après. Elles citent alors essentiellement des métiers peu valorisés et moins
bien rétribués traditionnellement associés au sexe féminin (que je préfère ne
pas mentionner ici de peur d’être taxé de sexisme). Il est vrai que cette
poupée incarne le stéréotype d’une femme hypergenrée. Quand bien même on
propose aux filles de jouer avec Barbie médecin, rien n’y fait, les résultats
sont pareillement désespérants.
Le
mécanisme à l’œuvre derrière la malédiction des blondes est maintenant bien décrypté.
La personne visée attribue une partie de ses ressources intellectuelles à
lutter contre les images négatives véhiculées à son encontre : « Non,
ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas parce que je suis blonde que je suis bête… »
Autant de ressources perdues pour la tâche demandée.
Depuis
que j’ai pris connaissance de ces recherches, je me méfie des traits d’humour –
des witz comme on dit chez nous – qui dévalorisent une catégorie de gens en
particulier : des Bourbines lents à la comprenette, des femmes dangers publics
au volant, des psys plus timbrés que leurs patients (ben voyons !), etc.
Sous couvert de rigolade, on se fait complice de la transmission de stéréotypes
nocifs et réducteurs.
Alors,
même plus le droit de rire alors que la liberté d’expression est menacée de toute
part ? Si, bien sûr, et plutôt deux fois qu’une, mais quand on a bien
saisi la différence entre rire avec et rire de !
Article paru dans La Liberté le 5 février.
jeudi 30 janvier 2020
Une magnifique croisière aux sources du bonheur
J'aurai le plaisir d'animer une croisière vers le Cap Nord organisée par Psychologies Magazine.
Plus de détails en cliquant ici.
Au plaisir de vous y retrouver !
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samedi 25 janvier 2020
Sur les cendres fumantes de nos bonnes résolutions
"Perdre du poids, manger plus sainement, pratiquer régulièrement de l’exercice, diminuer sa consommation d’alcool… Peut-être reconnaissez-vous l’une de vos bonnes résolutions pour cette nouvelle année? Ou plutôt ce qu’il en reste: un goût d’échec amer. Vous vous fustigez alors de ne pas avoir eu assez de volonté, tout en jurant de faire mieux la prochaine fois...
Pourquoi avez-vous craqué? Sans doute avez-vous surestimé votre volonté. Ce qui vous a amené à négliger les facteurs issus du contexte. Quand vous décidez de faire du sport trois fois par semaine, vous êtes confortablement installé dans votre fauteuil. Alors que lorsqu’il s’agira de se rendre à la salle de fitness, vous aurez déjà une éprouvante journée de travail derrière vous. Et une envie folle de voir le film programmé à la télévision…"
Le thème des bonnes résolutions fleurit régulièrement dans les médias en début d'année. J'ai pris le parti d'attendre un peu pour en parler, d'attendre qu'elles se soient évaporées ou fracassés contre la dure réalité.
L'article a été publié dans La Liberté du 22 janvier de cette année. Il y est accessible dans son intégralité.
Surtout, on y découvre une stratégie pour pallier notre volonté défaillante : les contrats d'Ulysse, à l'image du héros mythologique.
Pourquoi avez-vous craqué? Sans doute avez-vous surestimé votre volonté. Ce qui vous a amené à négliger les facteurs issus du contexte. Quand vous décidez de faire du sport trois fois par semaine, vous êtes confortablement installé dans votre fauteuil. Alors que lorsqu’il s’agira de se rendre à la salle de fitness, vous aurez déjà une éprouvante journée de travail derrière vous. Et une envie folle de voir le film programmé à la télévision…"
Le thème des bonnes résolutions fleurit régulièrement dans les médias en début d'année. J'ai pris le parti d'attendre un peu pour en parler, d'attendre qu'elles se soient évaporées ou fracassés contre la dure réalité.
L'article a été publié dans La Liberté du 22 janvier de cette année. Il y est accessible dans son intégralité.
Surtout, on y découvre une stratégie pour pallier notre volonté défaillante : les contrats d'Ulysse, à l'image du héros mythologique.
Oeuvre de Gildas Flahault
dimanche 6 octobre 2019
Conférence à Neuchâtel
Une belle soirée à Neuchâtel vendredi 4 octobre 2019 au théâtre du Pommier !
La conférence portait sur le courage d'être soi-même ou l'audace de déplaire.
Merci pour toutes les belles interactions et questions pertinentes lors des échanges qui ont suivi.
Pour celles et ceux qui souhaitent en retrouver les élément essentiels, voici le livre à consulter :
La conférence portait sur le courage d'être soi-même ou l'audace de déplaire.
Merci pour toutes les belles interactions et questions pertinentes lors des échanges qui ont suivi.
Pour celles et ceux qui souhaitent en retrouver les élément essentiels, voici le livre à consulter :
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